Les Moais marchaient jusqu’à la mer

Les Moais sont ces grandes statues qu’on retrouve partout sur l’Île de Pâques. Elles ont largement contribué à faire connaître ce bout de terre perdu dans l’océan pacifique et on en sait maintenant beaucoup plus sur leur rôle et leur construction.

Coucher de soleil sur l'Ile de Paques

Déjà ce n’était pas des Dieux, mais des représentations des défunts influents qui avaient pour but de veiller sur les villages. C’est pour ça qu’ils regardent vers l’intérieur de l’île. Leur construction et mise en place a probablement été également un moyen d’occuper le temps. Ils étaient extraits d’une carrière, sculptés sur place, déplacés debout grâce à des cordes (style Bidibule centimètre par centimètre) puis érigés sur leur plateforme et peaufinés sur place. Les aristocrates représentés portaient un chapeau rouge représentant leurs cheveux teints en rouge.

Stéphanie et 15 Moais sur l'Île de Pâques
Au cours du temps ils ont évolué et surtout sont devenus plus grands et plus stylisés. S’est développé également une compétition entre les différentes tribus qui a mené aux guerres et au renversement des statuts.

Carrière de Moais sur l'Île de Pâques
Difficile de dire combien il y en a en totalité. On visite surtout les plus belles restaurées et la carrière où étaient abandonnées sur place celle qui étaient imparfaite. Mais à l’occasion des pluies, régulièrement d’autres apparaissent. Le sous-sol en cache encore probablement un grand nombre.

La magie c’est qu’on vient pour les Moaïs, et que très vite ce qu’on apprécie c’est tout ce qu’il y a autour. L’île de Pâques est un petit paradis, sans criminalité, où tout le monde se salue et surtout où il y a bien d’autres choses à voir et à faire.

Pourquoi n’y a-t-il plus d’arbre sur l’île de Pâques ?

Avant de venir sur l’île de Pâques je pensais que la déforestation était due à l’utilisation des arbres pour transporter les Moais. Fausse idée. Déjà car les Moais marchaient debout jusqu’à la mer…(Les Moais marchaient jusqu’à la mer). Et puis parce que quand on habite sur une île aussi petite, on prend garde à ne pas épuiser toutes les ressources.

Alors qu’en est-il ? En fait l’utilisation du bois par les habitants est tout de même responsable en partie de la destruction des forêts. Ils utilisaient le bois pour faire du feu, construire des bateaux de pêche et leurs maisons. Et la population a beaucoup augmenté sur l’île donc le besoin en bois également, et comme il n’était pas considéré comme un aliment possible et il n’a pas été préservé. Mais ils n’ont pas tout collecté.

Île de Pâques : rando vers le sommet dégarni
Par la suite un autre facteur s’est ajouté : les rats. Importés sur l’île par la suite, ils étaient et sont toujours friands des graines. Pour les éradiquer des faucons ont depuis été introduits, mais ils ne font pas le travail visiblement.

Enfin un troisième facteur est à prendre en compte : le feu. De grands incendies se sont chargés de finir le travail.

C’est la conjonction de tous ces facteurs qui est à l’origine de l’aspect fort chauve du paysage. D’autant plus que l’absence d’arbre ne facilite pas le reboisement. La terre ne fixe plus les possibles pousses et le vent rend les choses encore plus difficiles.

Mais il y a quand même des arbres sur l’île de Pâques. Des cocotiers venus de Tahiti, et des bosquets plantés il y a une centaine d’années qui commencent à faire reverdir les hauteurs. Je suppose également qu’un effort est fait dans ce sens au niveau local et la situation s’améliore.

Paysage de l'Île de Pâques

Alice Springs

Située dans le centre rouge de l’Australie, cette ville, mieux servie au niveau aérien et mieux équipée qu’Ayers Rock est le point de base de beaucoup d’excursions dans la région. Située sur la route entre Adelaïde au sud et Darwin au nord, c’est aussi un centre pour la culture aborigène.

Beaucoup d’hôtels et de services pour les touristes. Vous pourrez facilement organiser vos excursions vers Uluru, MacDonnell Ranges ou Kings Canyon que je n’ai malheureusement pas pu faire.

Mais Alice Springs propose aussi ses propres activités. En particulier le Desert Park que j’ai particulièrement apprécié. Une reconstitution des différents déserts de l’Australie, de l’outback avec ses oiseaux et animaux. Ainsi par exemple une volière où on entre pour écouter les différents chants des oiseaux. Mais également une maison des animaux nocturnes : dans la pénombre on peut observer ces animaux qu’on rencontre rarement. Pour nous permettre de les voir de jour, les lumières sont allumés la nuit dans la maison. Superbe. Et enfin diverses activités dont une explication particulièrement claire sur la vie des aborigènes en Australie.

Desert Park à Alice Springs

Malheureusement Alice Springs présente parfois une autre vision du monde aborigène. Ce qui frappe c’est l’impression d’insécurité, la police et les peuples originels parfois très alcoolisés qui errent dans les rues et les parcs. On sent une forme de désespoir dans cette perte d’identité qu’ils expérimentent.

Enfin un grand RDV d’Alice Springs : le coucher de soleil sur le point le plus haut de la ville.

Coucher de soleil sur Alice SpringsCoucher de soleil sur Alice Springs

A chaque voyage on croise des gens, mais à Alice Springs j’ai rencontré Rodolphe et Nathalie. Ils m’ont gentiment ramenée à mon hôtel une fois la nuit tombée. Mais ce qui interpelle c’est que nous nous sommes régulièrement recroisés les jours qui ont suivi. Sur un parking improbable dans les MacDonnell Ranges et pour observer un autre coucher de soleil : celui sur Uluru. Le monde est finalement bien petit.